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الجمعة، 3 يونيو 2011

ville_fantome

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Juillet 2004
Ville fantôme
Bob Fagard
 Pour un meilleur confort de lecture, je vous conseille de
lire ce livre en plein écran
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Le webmaster de Pitbook.com
 Cher lecteur, chère lectrice,
Vous souvenez-vous encore des films que vous alliez
voir  au  cinéma  lorsque  vous  étiez  jeune?  Des  films  de
guerre,  des  films  d’amour  ou  bien  encore  des  films
d'action  comme  des  intrigues  policières  avec  Clint
Eastwood ou ces vieux westerns avec John Wayne et qui
ont  fait  le  bonheur  des  producteurs.  D'ailleurs,  vous
rappelez-vous  encore  de  ce  dont  il  était  question.  Les
“gentils” cow-boys passaient des journées entières sur leur
chevaux, à convoyer du bétail à travers tout le Texas.
Quelquefois, ils traversaient des villes et en profitaient
pour boire un whisky, jouer aux cartes ou bien rendre une
visite  amicale  aux  dames  de  joie.  Puis,  lorsqu'ils  en
avaient assez, ils  reprenaient la route pour conduire des
animaux à travers des jours et des jours de désert. Puis, au
moment où vous vous y attendiez le moins, arrivaient les
“méchants”  indiens  qui  étaient  là  pour  interdire  à  nos
“gentils”  héros  de passer.  S'ensuivaient  alors des  luttes
 meurtrières dans lesquelles les cow-boys gagnaient et les
indiens perdaient.C'était le bon temps du cinéma.
Lors de mes dernières vacances, je ne savais pas quoi
faire. Je passais mes journées à regarder la télévision.
C'est  pourquoi  j'ai  pris  l'avion  un  beau  matin,  en
direction  du  Texas. Une fois  là-bas,  j'ai  visité quelques
grandes villes comme Dallas ou Houston. Je me suis dit
ensuite,  pourquoi  ne  pas  s'aventurer  un  peu  dans  la
campagne texane. C’est d'ailleurs ce que j'ai fait. Et, alors
que  je  m'étais  perdu,  j'ai  découvert  une  chose  que  je
n'avais jamais vue auparavant, une ville fantôme. Je l'ai
visitée un peu, le saloon, le bureau du shérif, et c'est alors
que je suis tombé sur ce journal qui est à côté de moi. J'ai
commencé à le lire et là, je ne pouvais en croire mes yeux.
Ce que je détenais était quasiment incroyable. Personne
n’aurait  pu  imaginer,  même  les  plus  grands  cinéastes,
l'horreur  qui  avait  dévasté  ce  village  tout  entier.  Des
scènes si violentes y étaient décrites que même une meute
de loups dévorant des hommes encore vivants aurait un
 goût de paradis.
Cher lecteur, chère lectrice, comme vous avez été bien
sage jusqu'à maintenant, je crois qu'il est de mon devoir,
désormais, de vous faire part de ce fameux journal.
Votre hôte.
 8 mai 1872 - Cher journal, je m'appelle Dean Stanberg.
Je crois que maintenant tu es le seul ami qu'il me reste.
C'est la première fois que je réalise un journal et je ne sais
pas  encore  trop bien quoi  te  raconter  mais aussitôt  que
quelque chose me traversera l'esprit, je te le ferais savoir.
10  mai  -  Cela  fait  maintenant  deux  jours  que  je  t'ai
ouvert  et  les idées commencent  à venir. Je  vais d'abord
commencé par te parler de ma situation. Comme tu le sais
maintenant, je m'appelle Dean Stanberg. Il y a quelques
semaines  de  cela,  j'étais  le  shérif  d'une  petite  ville
prénommée Greyhawk. Tout y était pour le mieux dans le
meilleur  des  mondes.  Chacun  y  menait  sa  petite  vie
tranquille. Certes, il y avait bien des bagarres d'ivrognes,
mais cela n'était pas bien grave. Durant toute ma vie en
tant que représentant de la loi, je crois que je peux compter
le nombre de morts que j'ai vu sur les doigts d'une main.
C'était vraiment une ville calme. Puis, le 15 avril, ils sont
 arrivés. Je m'en souviens encore comme si c'était hier.
D'ailleurs, cela ne fait pas bien longtemps, lorsqu'on y
réfléchit, bien que pour moi, cela fasse une éternité. Bon,
bref,  je  disais donc, ils sont  arrivés, je  parle  des  frères
Marlon et voici ce qu'il s'est passé:
“Shérif,  shérif,  ça  c'est  Kent,  mon  shérif  adjoint,  il
pénétrait dans mon bureau en hurlant comme un pendu.
Shérif, shérif, hurlait-il, dépêchez vous, vite, ce sont les
frères Marlon. Ils sont en ville, et ils sont en train de vider
la banque.” Je  me suis  alors précipité dans la rue, avec
mon colt dans la main droite et ma winchester dans l'autre.
Ensuite,  j'ai  sauté  sur  mon  cheval  pour  atteindre  la
banque  le  plus  rapidement  possible.  Malheureusement,
lorsque je suis arrivé, il était déjà trop tard, ils étaient déjà
partis. J’ai bien essayé de les rattraper, mais après avoir
galopé  pendant  une  dizaine  de  minutes,  Bluehat,  mon
cheval commença à ralentir sa course. Il faut dire qu'il est
assez  vieux.  Je  l'ai  acheté  il  y  a  environ  quinze  ans,
lorsque  je  suis  arrivé  ici.  Je  disais  donc,  Bluehat
 commença  à  ralentir  sa  course  puis  s'arrêta  d'un  coup.
Inutile de continuer, me suis-je dit, je n'y arriverai jamais.
J'ai  donc fait demi-tour  pour  retourner  en  ville, tout  en
prenant mon temps,  pour ne pas  épuiser inutilement ma
monture.  Mais  là,  malheureusement,  une  surprise
m'attendait. Lorsque  je  suis revenu, le maire et tous les
concitoyens  m'attendaient  de  pied  ferme  afin  de
m'annoncer une mauvaise nouvelle.
Pendant  que  je  poursuivais  les  frères  Marlon,  ils
s'étaient tous réunis pour parler de moi. Ils pensaient tous
que j'étais devenu trop vieux pour ce travail et qu'il serait
préférable  pour  tous  qu'un  autre  shérif,  plus  jeune  que
moi, prenne ma place.
Voilà,  c'est  pour  cela  qu’aujourd’hui,  je  me  retrouve
dans cette chambre d'hôtel, dans une ville inconnue et en
train  d'écrire  mes  pensées.  On  ne  sait  jamais  de  quoi
demain sera fait. On se lève un beau matin, le coeur gai
puis tout à coup le mauvais sort s'acharne sur vous. Ainsi
va la vie.
 11  mai  -  Encore  une  journée  de  plus  de  passée.  Ce
matin,  je  me  suis  baladé  en  ville  et  j'ai  entendu  des
hommes  dire  qu'il  était  facile  de  devenir  riche quelque
part, au fin fond de l'Ouest. Il paraît qu'il y en a qui trouve
de l'or comme s'il en pleuvait. Il paraît qu'il suffit de se
baisser pour devenir riche. Je crois que je vais aller y faire
un tour.
Après tout, je n'ai plus rien à faire au Texas, désormais.
Mes concitoyens m'ont abandonné et ma femme, paix à
son âme, et que Dieu la protège, m'a quitté pour un monde
meilleur il y a des années de cela, ou peut-être des siècles,
je ne me souviens plus très bien. Tout ce que je sais, c'est
que  depuis  qu'elle  est  partie,  le  temps  me  semble  bien
long.  Il  m'arrive  encore  quelquefois  de  me  réveiller  le
matin  et  de  croire qu'elle  est à  côté  de  moi. Puis  je  me
retourne et je constate que sa place est éternellement vide
et éternellement froide.
 12 mai - Hier, je t'ai parlé de ma femme. Je crois qu'il
serait  bon  que tu saches  ce qu'il  s'est passé. C'était  il y
seize  ans  de  cela,  à  cette  époque,  je n'étais  qu’un  petit
fermier. J'étais dans l'écurie, en train d'atteler mes chevaux
pour les emmener travailler dans les champs puis, tout à
coup, j'ai entendu ce bruit. Je me suis d'abord demandé ce
que  c'était puis j'ai vite compris,  c'était un coup de  feu.
Quelqu'un  venait  de  tuer  le  seul  amour  de  ma  vie.  Le
temps que je pénètre chez nous, il était trop tard. Elle était
déjà morte et baignait dans une mare de sang. J'aurais dû
peut-être me lancer à la poursuite des deux hommes qui
avaient fait cela, mais je n'en ai pas eu la force. Je les ai
regardés s'enfuir sur leur monture avec le peu d'économie
que  j'avais  à  la  maison et  ensuite  j'ai pleuré  comme  un
bébé. Je sais qu'on dit qu'un homme ne pleure pas mais
mon envie était trop forte. Je suis resté à genou sur le sol,
à côté du cadavre de ma femme. Pendant  des heures, je
n'ai pas bougé d'un pouce. Avec elle était parti mon goût
de  vivre et  aussi l'enfant  que l'on devait avoir quelques
 mois  plus  tard.  Ensuite,  pour  noyer  mon  chagrin,  j'ai
commencé à boire. C'est d’ailleurs comme ça que je me
suis retrouvé shérif. Un soir, j'étais tellement ivre que j'ai
déclenché  une  bagarre  et  me  suis  réveillé  derrière  les
barreaux. Et c'est au petit matin que j'ai entendu un autre
prisonnier raconter que quelque part, dans une petite ville
du centre du Texas, deux hommes se vantaient d'avoir tué
plusieurs  shérifs  et  aussi  qu'ils  avaient  été  capable  de
violer et de tuer une femme, de lui voler tout son argent et
tout cela sans que son mari ne fasse quoi que ce soit. J'ai
alors pensé qu'il fallait que j'élimine ces deux vermines qui
avaient assassiné ma femme et que pour cela il fallait que
je devienne shérif. De  cette manière, comme ils avaient
l’air d'aimer les descendre, j'aurai peut-être une chance de
les retrouver. Puis, les choses en amenant une autre, ma
vie a fini par devenir routinière. Je ne les ai jamais revus.
Je ne sais  qu'une seule  chose à  leur sujet, c'est que l'un
d’eux s'appelle Tom Rattles.
Maintenant, mon journal, tu en sais un peu plus à mon
 propos.  Demain  matin,  dès  l'aube,  je  vais  reprendre  la
route. Je suis bien décidé à devenir riche. Si au moins je
peux  faire  cela,  ma  vie  n'aura  pas  été  que  gâchis.  J'ai
encore entendu des hommes dire que vers l'Ouest, toutes
les  montagnes  étaient  remplies  d'or,  qu'il  suffisait  de
casser les rochers pour en sortir d'énormes pépites. Déjà
des tas de personnes se sont rassemblées en convoi pour
partir dès l'aube. Je vais les suivre, de cette manière je ne
serais pas seul dans ma quête à la richesse. Je risque d'être
un moment sans pouvoir t'écrire, les traversées de déserts
sont  très  longues  et  très  dangeureuses  alors  je  n'aurai
sûrement pas beaucoup de temps à moi. Mais aussitôt que
je le pourrai, je t'écrirai.
20 mai - Cela fait une semaine que je ne t'ai pas écrit.
Mais il n'y a pas grand chose à raconter à propos de cette
traversée. Tous les jours, les paysages sont les mêmes.
Tout n'est que sable et il y a quelques cactus ici et là.
Toute la journée, le soleil nous brûle le visage et les nuits
 sont très fraîches. A part ça, ma vie depuis huit jours est
vraiment monotone. Levé le matin dès l'aube, rapidement,
je  suis en  selle,  je n'ai  pas  la  chance d'avoir  de  chariot
comme la plupart des familles qui sont dans ce convoi.
Puis ensuite, c'est parti pour une interminable journée à
contempler  le  sol  sableux  ou  alors  le  ciel  sans  aucun
nuage.  Le  seul  moment  intéressant  que  je  puisse  te
raconter,  c'est  lorsque  l'on  a  rencontré  un  serpent  à
sonnette il y a deux jours. Quelqu'un l'a tué d'un coup de
revolver mais malheureusement cela a effrayé un cheval
qui  s'est  enfui  dans  le  désert.  Personne  n'a  tenté  de  le
rattraper. Il va probablement finir dévorer par les vautours.
Voilà,  c'est  tout  ce que j'ai  à te  dire  pour  l'instant.  A
bientôt.
22 mai - La traversée est toujours aussi monotone et à
force, je me sens d'humeur bucolique.
Je suis seul sur mon cheval
Parmi cette troupe de gens
 Le vent me fouette le visage
Et le soleil me tire la peau
Je ne suis pas encore riche
Et ma vie se raccourcit
Dans quelques jours je serai las
Et je ne serai pas riche.
23 mai - Encore une journée et on traversera une ville.
De  là  où  l'on  est,  on  peut  déjà  apercevoir  la  lueur  des
maisons.
Encore une journée de plus  à cheval et  je  pourrai me
laver  un  peu,  et  aussi  me  désaltérer.  Ma  gorge  semble
aussi sèche que le sol du désert. J'ai l'impression que ça
fait des  siècles que je  n'ai pas bu un whisky. Je ne suis
même pas sûr de savoir encore quel goût cela peut avoir.
Le chef du convoi a dit que l'on allait rester environ deux
ou  trois  jours  dans  cet  endroit  afin  de  refaire  des
provisions  et  de  laisser  les  chevaux  se  reposer.  Je  vais
peut-être pouvoir dormir dans un lit, ou du moins, quelque
 chose de  plus  confortable que  le  sol.  Cela peut paraître
étrange, mais depuis quelques jours, j’ai l'impression de
revivre. Je crois que travailler comme shérif dans une ville
aussi  tranquille  que  Greyhawk  m'a  mené  vers  une  vie
monotone. Je menais une existence routinière dans l'espoir
que quelque chose d'important se passe.
24  mai  -  Je  vais  enfin  dormir  dans  un  lit.  Je  suis
actuellement dans une chambre d’hôtel, face au saloon.
Nous sommes arrivés ce matin, un peu avant midi. J'ai
laissé Bluehat à côté de l’hôtel. Il y a un vieux type qui est
chargé  de  s'occuper  des  chevaux  des  voyageurs  de
passage. Il regarde s'ils n'ont rien et les nourrit. Il n'a pas
l'air très intelligent mais au moins, il a l'air de connaître
son travail. En bref, c’est un brave type. Dans l'après-midi,
les femmes du convoi sont allées acheter de la farine et
puis  d'autres  aliments.  Je  ne  vais  pas  t'en  faire
l'énumération complète, cela risque d'être trop long.
Quand aux hommes, certains sont allés boire un whisky,
 d'autres ont parié le peu de sous qu'ils avaient au poker. En
ce qui me concerne, je me suis promené un peu, histoire de
voir à quoi ressemblait la ville dans laquelle on était. A
propos, elle s'appelle Little Mountain. Durant ma balade,
j'ai rencontré le shérif. Il est jeune mais il a l'air d'être un
bon shérif, et juste en plus. Tout comme je l'étais avant de
me faire renvoyer, mais je ne vais pas  revenir  sur  cette
histoire  car  c'est  peut-être  ce  qu'il  m’est  arrivé  de  plus
intéressant depuis seize ans. Je lui ai parlé de mon histoire
et il m'a confié  qu'il n'aimerait pas rencontrer ces frères
Marlon. Ensuite, il m'a dit que si je voulais boire un coup
avec  lui  ce  soir  au  saloon,  je  serai  le  bienvenu.  C'est
d'ailleurs ce que je vais faire maintenant. A plus tard.
 Vous aimez cette histoire et vous voulez en connaître la
fin  alors  imprimez  et  remplissez  cette  page  en  lettres
capitales et renvoyez la à :
Bob Fagard
3380 Edouard Montpetit, #203.
Montréal, Québec H3T 1K5
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